Lorsqu’on rêve de pratiquer la communication et les relations publiques, l’imaginaire est forcément alimenté par des campagnes mémorables, des idées innovantes et une vie stimulée de nouveautés et de dynamisme. Cela est parfois possible dans le secteur privé et notamment dans certaines agences de communication. Mais qu’en est-il du secteur public ?
Des contraintes plus marquées :
Dans le secteur public – si on exclue quelques entreprises commerciales qui possèdent les moyens et une certaine liberté de décider de leurs communications – les contraintes sont nombreuses à commencer par la faible rémunération, le népotisme, l’ingérence des responsables politiques et la nécessité de faire front commun et de maintenir une cohérence avec des entités différentes sans avoir de vrais mécanismes de collaboration (c’est-à-dire qu’on doit souvent veiller à rester cohérents avec des gens qu’on ne rencontre pas souvent et avec qui on ne communique pas souvent au meilleurs des cas). De plus, subir la réunionite est une corvée quasi-quotidienne qui ruine la motivation et la forme physique. Sans oublier la rareté des gestionnaires publics qui accordent une vraie valeur à la communication (en dehors de leur promotion personnelle) et qui savent comment travailler avec les communicateurs. Il n’est pas rare de voir un ministre ou un PDG se mêler des plus insignifiants détails, non pas parce qu’ils les maitrisent mais parce qu’ils n’ont jamais appris des compétences cruciales : déléguer et piloter.
Une grille d’évaluation différente :
C’est alors que le banal, le minimum qui est normalement attendu de la part de la communication et du communicateur devient un exploit. Car le communicateur doit passer énormément de temps à convaincre, à négocier et à anticiper toute sorte d’obstacles internes et externes. Ainsi, il est légitime de considérer que mener une campagne de communication jusqu’au bout est un exploit, éviter les polémiques durant une longue période dans un cabinet de ministre ou de PDG est un exploit, convaincre le responsable politique de respecter le juste équilibre entre surexposition et effacement est un exploit, réussir le lancement d’un événement alors que la date a été modifiée à la dernière ligne droite est un exploit, maintenir une cohérence et une identité malgré les changements à la tête de l’organisation est un exploit, maintenir le cap stratégique en dépit des rumeurs et des commentaires de toute part est un exploit…
Tout n’est pas que contraintes…
Mais travailler dans la communication pour le secteur public offre des avantages qu’on ne trouve pas facilement dans le secteur privé : être vraiment au service de l’intérêt public et agir sur des problème qui touchent les algériens, avoir la chance de débuter sur des projets importants sans forcément posséder de l’expérience, travailler dans la complexité offre la possibilité de se former et de se forger comme nulle part ailleurs, avoir une certaine stabilité de carrière…
Pour conclure :
Celui ou celle qui voient la communication à travers les coups d’éclat, la visibilité, les campagnes adulées sur les réseaux sociaux, la liberté totale de créer… ne peuvent pas s’épanouir dans le secteur public. Par contre, ceux et celles qui sont capables de s’imposer une discipline, de relever des challenges de créativité dans des marges très restreintes, de trouver des points d’équilibres lorsqu’ils sont tiraillés de partout, de veiller tous les jours à ce que « les trains arrivent à l’heure » et d’accepter que personne ne les remarque… ces personnes sont celles qui font la réussite de la communication dans le secteur public.