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Charlie Hebdo : il est temps de désigner les vrais responsables

Je vous assure que si je pouvais écrire un billet sur ce « journal » sans citer son nom qui, je le sais il vous répugne, je l’aurais fait sans hésiter et même avec plaisir. Mais il faut bien que vous sachiez de quoi je veux vous parler, car les « journaux » qui vous répugnent ne manquent pas !

Les débats sur la prétendue liberté d’expression en France (je vous parle de ce pays car c’est là où Charlie Hebdo est édité), durent depuis des années. Les uns luttent pour une liberté d’expression responsable et équitable, les autres luttent pour faire croire que la liberté d’expression c’est d’attaquer les musulmans (et pas les sionistes), attaquer les morts (et pas ceux qui les tuent), attaquer le peuple belge (et pas les gouvernements qui ont engendré DAECH). Bref on veut semer la confusion par une présence quantitative qui déforme la réalité et qui fait croire à un certain équilibre, entre les « pour » et les « contre » cette bassesse médiatique.

Finalement à quoi peut servir le débat avec des gens qui n’ont aucune intention d’écouter, encore moins de se remettre en question ? Quand en face de vous, se trouve une personne qui n’a de but que de perturber votre argumentation, en empêchant le public de vous écouter et en l’intoxiquant jusqu’à ce qu’il en soit gavé, vous devez changer de stratégie et orienter vos efforts vers une autre direction. Les questions doivent être posées autrement : qui fait vivre ce « journal » ? Et qu’est-ce qui lui permet d’exister ?

Ceux qui l’achètent sont aussi responsables que ceux qui l’éditent. Pourtant, personne (ou presque) ne confronte les acheteurs à cette réalité. Je me rappelle très bien lorsque les médias occidentaux, notamment en France, avaient mis l’accent sur la responsabilité des consommateurs de la presse à scandale, lors des tragiques décès de Lady Diana et son compagnon Dodi Al Fayed. A l’époque, on expliquait que ceux qui achetaient ces publications, encourageaient les paparazzis sans respect des limites…au nom de la liberté d’expression ! Il est temps donc, de dire au public de Charlie Hebdo qu’il devrait avoir honte de soutenir un « journal » aussi irresponsable et immoral.

Sur un autre plan, ce qui permet à Charlie Hebdo d’exister c’est le cadre politique et juridique du pays qui l’abrite : la France. C’est ce système qu’il faut changer, et ce sont les français conscients de la gravité de la situation, qui doivent lutter pour atteindre ce changement. Il faudra positionner le débat non pas sur la dérive éditoriale de ce genre de « journaux », mais plutôt sur le cadre qui a permis tout cela. Lorsque le président français François Hollande déclare que Charlie Hebdo est « l’incarnation suprême de la liberté d’expression », il porte atteinte à deux grands principes : 1- Le principe de la justice dans le sens où la loi doit être moralement et socialement acceptable. 2- Le principe de l’égalité, car cette prétendue liberté d’expression ne profite qu’au plus fort et elle ne dénigre que les faibles.

Charlie Hebdo est un hologramme contre lequel il ne sert à rien de se battre, adressez-vous aux holographes qui le produisent : le système qui l’abrite et le public qui le finance.

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